[Séance plénière des 17&18 mars 2016] Intervention de Muriel Guénoux – CR 38-16 : Action régionale en faveur du logement. Soutien des femmes victimes de violences.

Nous saluons votre initiative de  doubler le nombre de logements mis à disposition et de pérenniser le partenariat et l’aide apportée à cette association. Lutter contre les violences faites aux femmes est une cause qui dépasse tous les clivages politiques. Car ces violences, elles, dépassent tous les clivages, et concernent toutes les classes sociales. Le logement est l’une des réponses à ce fléau, tout comme l’aide au retour à l’emploi, la garde des enfants…

Cependant, certaines révélations récentes sur vos intentions en matière de finances, nous amène à vous confronter à certaines de vos incohérences.

Prenons pour exemple la baisse de budget de tous les organismes associés de la Région. Une diminution initialement annoncée de 10% mais qui serait aujourd’hui de 30% pour certains. C’est le cas pour le Centre Hubertine Auclert. Une baisse drastique qui met en danger l’action et le travail de ce centre devenu un acteur incontournable dans la défense du droit des femmes.

Vous connaissez la qualité de ses travaux et son haut niveau d’expertise puisque l’une des études de l’Observatoire des violences faites aux femmes, rattaché au centre Hubertine Auclert, est annexée à ce rapport. Une étude frappante qui rappelle notamment que les violences conjugales sont plus élevées en Ile-de-France que sur l’ensemble du territoire.

En diminuant de 30% le budget de cet organisme dès cette année alors que les économies d’échelles ne sont attendues qu’à partir de 2017, vous mettez donc également en danger cet observatoire et le travail qu’il réalise. Pourtant il reste encore du chemin à parcourir pour parvenir à une réelle égalité femmes-hommes et faire reculer les violences faites aux femmes.

Les résultats d’un sondage parut il y a à peine deux semaines sur la vision du viol par les français témoigne du travail qu’il nous faudra encore fournir pour faire évoluer les mentalités. Si le viol est reconnu comme un crime par la justice depuis près de 30 ans, encore 4 français sur 10 estiment que la responsabilité du violeur est atténuée si l’attitude de la victime est provocante.

Mais le viol n’est pas la seule violence subie par les femmes, les agressions sexuelles, les violences conjugales, le harcèlement dans les transports en commun, les agressions verbales … la liste est longue, bien trop longue pour pouvoir être dressée de façon exhaustive. Mais une certitude, elles représentent toutes un combat à mener. Et le Centre Hubertine Auclert, contribue activement à ce combat.

A vous lire dans Elle pour la journée des droits des femmes, le 8 mars dernier, nous avions l’impression de partager les mêmes ambitions en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, d’égalité femmes-hommes et pour qu’un jour il n’y ait plus besoin de cette journée du 8 mars :

-que les différences salariales en raison du sexe n’existent plus,

-que les femmes soient mieux représentées dans les instances dirigeantes,

– qu’il y ait une meilleure répartition des tâches domestiques … Bref que l’on atteigne l’égalité. Mais certains de vos actes témoignent d’une toute autre orientation.

Alors Madame la Présidente, que traduisent ces choix budgétaires ? Des pressions des élus issus de la Manif pour tous et de sens commun qui siègent sur vos bancs ? Le doute existe.

Nous ne pouvions voter votre rapport sans préalablement procéder à ce rappel. Nous en appelons à votre bon sens et nous vous demandons de revoir à la baisse la diminution prévue sur le budget du Centre Hubertine Auclert afin qu’il puisse poursuivre son travail.

Pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes il faut agir sur le problème dans sa globalité. Un nouveau logement c’est un nouveau départ, une première étape. Mais il faut aussi construire un parcours global qui permette une réelle autonomie de ces femmes qui ont besoin de se reconstruire. C’est les aider à trouver un travail non précaire, à garder les enfants, à continuer leurs études …

Nous devons mener une réflexion plus large sur l’ensemble de nos dispositifs régionaux, notamment en matière de développement économique pour intégrer et prendre en compte ces difficultés particulières et apporter des solutions innovantes et adaptées.

S’il ne s’agit pas d’une compétence obligatoire de la Région, il est tout à fait envisageable d’adapter des dispositifs de droit commun.

Ce rapport peut être vu comme une première étape, nous espérons que d’autres avancées suivront.

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