[AFP] Le conseil régional d’Ile-de-France passe le périph’ et s’installe à Saint-Ouen

Paris, France | AFP | vendredi 01/07/2016 – 16:50 GMT+2 | 664 mots

Promesse de campagne de Valérie Pécresse, le conseil régional d’Ile-de-France va quitter Paris pour s’installer à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), un choix symbolique pour « aller à la rencontre de tous les Franciliens » et « faire des économies », mais qui ne fait pas l’unanimité.

Six mois après son arrivée à la tête de la Région, Valérie Pécresse a annoncé vendredi, aux syndicats, aux élus et à la presse, le choix du site qu’elle a retenu: deux bâtiments d’un total de 56.815 m2, à Saint-Ouen, au nord de Paris, pour un loyer annuel de 21,2 millions d’euros (déménagement compris).

L’objectif : regrouper les 11 sites actuels de la région et les 2.000 agents au même endroit, pour faire des économies.

La région est actuellement propriétaire de 7 immeubles (33.000 m2) dans le VIIe arrondissement, et loue 50.000 m2 de locaux dans Paris, pour plus de 30 millions d’euros par an, a expliqué Mme Pécresse.

Avec un loyer de 240 euros par m2 à Saint-Ouen (contre 400 à Paris), le gain annuel d’économie s’élève à 9,2 millions, a expliqué le cabinet Colliers, qui accompagne la région dans son déménagement. La région a une option d’achat pour, à terme, acheter les nouveaux locaux, une fois vendus ses bâtiments actuels.

Le déménagement se fera en deux temps: une première partie (les services et la présidence), dès janvier 2018, dans le premier bâtiment. La suite du déménagement (les élus) aura lieu en janvier 2019, dans le deuxième bâtiment, à bâtir, qui contiendra l’hémicycle.

Dans un courrier aux agents, Mme Pécresse explique que « le site de Saint-Ouen réunit le plus d’atouts: proximité des transports en commun, en particulier de la future gare du Grand Paris, tissu économique et culturel dynamique, sécurité de l’environnement, projet architectural ».

« Ce déménagement, c’est aussi un symbole. Passer de l’autre côté du périphérique, c’est aller à la rencontre de tous les Franciliens, c’est être ouvert à tous », a-t-elle dit à la presse.

La décision de déménager au-delà du périphérique avait été adoptée dès la première séance du conseil régional qui a suivi son élection, en janvier. En mars, 37 sites avaient été présélectionnés, avant d’aboutir à un choix de six puis trois sites finalistes (Saint-Ouen et Saint-Denis en Seine-Saint-Denis, et Ivry dans le Val-de-Marne), après concertations des syndicats.

– A proximité d’un incinérateur –

« En six mois, Valérie Pécresse réalise ce que la précédente majorité de gauche n’a jamais réussi: déménager le siège de la région au-delà du périphérique », ont salué dans un communiqué les élus de la majorité (LR-MoDem-UDI).

Le PS s’est de son côté dit « consterné par la brutalité de cette prise de décision. Elle aurait pu prendre le temps de la concertation avec les élus », a déploré Nadège Azzaz, au nom du groupe.

« Il faut que les Français se réhabituent à l’idée que présider c’est décider. J’assume d’avoir choisi ce site, mais c’était le site le mieux noté », a répondu Mme Pécresse à propos de Saint-Ouen.

Le Front de Gauche a aussi déploré « le +fait du prince+ », et estimé que « les réflexes partisans semblent avoir guidés ce choix », puisque Mme Pécresse a choisi une commune, longtemps bastion de la gauche, qui a basculé à droite lors des dernières élections municipales en mars 2014.

« Il s’agit d’une décision qui a été prise sans débat en séance plénière », a regretté Eddie Aït, (Radicaux de gauche). Il dit n’avoir « pas d’objection » sur le site, « sous réserve que les demandes des agents soient prises en compte ».

Pour le FN, le site retenu est « le moins accessible », « le moins pertinent en termes de visibilité architecturale, enclavé dans le cœur de ville », et « le moins sain pour les agents, à quelques centaines de mètres d’un incinérateur de déchets ».

La CGT avait déjà émis des réserves sur ce dernier point. « Les études prouvent que la qualité de l’air est meilleure que dans le VIIe arrondissement », a assuré le cabinet Colliers.

Les écologistes ont déploré « une acceptation au rabais, au détriment des conditions de travail des agents qui dénoncent notamment les open-space favorisant le gain d’espace ».

caz/mat/sd

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s