Le Groupe RCDEC s’insurge contre les travaux du Tram 13

Poissy, le 1e mars 2017 Le courrier des Yvelines

 

Les travaux et l’opposition au Tram 13 express continuentLe 6 février, le projet du « Tram 13 ex­press » en­trait dans sa phase dure à Saint-Ger­main-en-Laye avec l’abat­tage des arbres si­tués sur son par­cours.De­puis, les tra­vaux se pour­suivent tan­dis que les op­po­sants à cette « Vir­gule » ne désarment pas.Encore 4 années de travaux

Le 6 fé­vrier, le pro­jet du « Tram 13 ex­press », porté par le Syn­di­cat des trans­ports d’Ile-de-France (Stif), en­trait dans sa phase dure à Saint-Ger­main-en-Laye avec l’abat­tage des arbres si­tués sur son par­cours : le long de la RN184, de l’ave­nue Ken­nedy et de l’ave­nue des Loges. Longue de 3,6 ki­lo­mètres, cette « Vir­gule », doit per­mettre de re­lier les gares de la Grande Cein­ture et du RER A.
Un an de travaux préparatoires
Au final, ce sont plu­sieurs mil­liers de spé­ci­mens qui ont été cou­pés et ré­duits en co­peaux sur place puis ache­mi­nés à la chauf­fe­rie bio­masse du ré­seau de cha­leur de Saint-Ger­main-en-Laye.
Après ce dé­fri­che­ment qui concerne seize par­celles sur la com­mune pour une sur­face to­tale de 24 772 m2 , les tra­vaux pré­pa­ra­toires vont se pour­suivre avec le lan­ce­ment des opé­ra­tions des­ti­nées à dé­vier les ré­seaux sou­ter­rains (eau, gaz, élec­tri­cité, té­lé­coms). Pré­vue pour s’éta­ler sur une pé­riode d’un an en­vi­ron, cette phase com­prend éga­le­ment la pré­pa­ra­tion des sites : ter­ras­se­ments, dé­pol­lu­tion des sols. « Des ré­tré­cis­se­ments de voi­rie sont pré­vus sur la RN184, l’ave­nue Ken­nedy et sur l’ave­nue des Loges. Des ba­li­sages en in­for­me­ront les au­to­mo­bi­listes », in­dique le Stif. Pour as­su­rer la sé­cu­rité des Saint-Ger­ma­nois, « le chan­tier est clô­turé et la cir­cu­la­tion pié­tonne est ré­or­ga­ni­sée et ba­li­sée. »

Création des stations

Une fois ces tra­vaux pré­pa­ra­toires ache­vés, le pro­jet pas­sera au stade des tra­vaux d’in­frastruc­ture. Ces der­niers se­ront beau­coup plus longs. Pro­gram­més sur en­vi­ron trois ans, ils vont consis­ter à mettre en place l’en­semble des ré­seaux
né­ces­saires au fonc­tion­ne­ment « Tram 13 ex­press ». Cela concerne par exemple la pose les rails mais aussi l’amé­na­ge­ment ou la créa­tion des sta­tions : « Saint-Ger­main-en-Laye RER », « Camp des Loges » et
« Saint-Ger­main-en-Laye Grande Cein­ture ». C’est éga­le­ment lors de cette se­conde phase que se­ront réa­li­sés les tra­vaux sur l’es­pace ur­bain au­tour du tracé. Il s’agira d’ins­tal­ler le mo­bi­lier ur­bain, les équi­pe­ments de si­gna­li­sa­tion rou­tière et de réa­li­ser les nou­velles plan­ta­tions d’arbres. La fin de ces tra­vaux d’in­fra­struc­ture ne mar­quera pas le début de l’ou­ver­ture of­fi­cielle du « Tram 13 ex­press ». En effet, avant que les voya­geurs puissent prendre place dans les wa­gons, le Stif va réa­li­ser des es­sais et ou­vrir une phase de « marche à blanc ». Pro­gram­mée sur en­vi­ron 6 mois cette ul­time sé­quence doit, entre autres, per­mettre aux Saint-Ger­ma­nois de s’ha­bi­tuer à la pré­sence du « Tram 13 ex­press » dans leur en­vi­ron­ne­ment quo­ti­dien. « Cette der­nière étape avant la mise en ser­vice est im­pé­ra­tive pour s’as­su­rer du bon fonc­tion­ne­ment de la ligne et de sa sé­cu­rité. Elle est aussi né­ces­saire pour la for­ma­tion des conduc­teurs », in­dique le Stif. Concer­nant la com­mu­ni­ca­tion pen­dant le dé­rou­le­ment des tra­vaux, ce der­nier in­dique que plu­sieurs ou­tils sont à la dis­po­si­tion des Saint-Ger­ma­nois.
Il y a un site In­ter­net, http://www.tram13express.fr, et un « nu­méro info tra­vaux », le 01 47 42 02 31. Des lettres d’in­for­ma­tion, des dé­pliants gé­né­riques et thé­ma­tiques ainsi que des pan­neaux d’in­for­ma­tion, com­plètent le dis­po­si­tif.

Les opposants n’abandonnent pas le combat

« Arbres abat­tus, com­bat pas foutu ». Ce slo­gan ré­sume à lui seul l’état d’es­prit des Saint-Ger­ma­nois qui se dressent contre le pro­jet du « Tram 13 ex­press ». Bien dé­ci­dés à ne pas bais­ser les bras mal­gré l’avan­cée des tra­vaux pré­pa­ra­toires, les as­so­cia­tions qui ont pris en main le mou­ve­ment de ré­pro­ba­tion qui est né après le lan­ce­ment de l’opé­ra­tion de dé­fri­che­ment s’af­fichent plus dé­ter­mi­nées que ja­mais. En­semble pour l’En­vi­ron­ne­ment de Saint-Ger­main-en-Laye (EPESG) et la So­ciété pour la pro­tec­tion des pay­sages et de l’es­thé­tique de la France (Sppef), deux des struc­tures à la pointe dans ce com­bat, mul­ti­plient les ap­pels à si­gner la pé­ti­tion en ligne lan­cée sur le site change.org. In­ti­tu­lée « Gâ­chis éco­no­mique et en­vi­ron­ne­men­tal pour un mode de trans­port sur-di­men­sionné et ob­so­lète », elle a re­cueilli plus de 3200 si­gna­tures. Rap­pe­lons qu’une page Fa­ce­book « NON à la « vir­gule »du Tram 13 Ex­press à Saint-Ger­main-en-Laye » a aussi vu le jour. Adres­sée à Sé­go­lène Royal, la mi­nistre de l’En­vi­ron­ne­ment, et 19 autres « dé­ci­deurs »la pé­ti­tion ré­clame la sup­pres­sion du pro­jet.

Le combat évoqué au niveau national

Parmi les si­gna­taires on re­trouve no­tam­ment des per­son­na­li­tés comme Pa­trick Périn, qui fut di­rec­teur du Musée d’ar­chéo­lo­gie na­tio­nale et du Do­maine na­tio­nal de Saint-Ger­main-en-Laye de 1996 à 2012.
« Je ne peux que m’éle­ver contre le mas­sacre de la forêt his­to­rique bor­dant l’ave­nue des Loges. Des na­vettes de bus ou mi­ni­bus au­raient suffi et non un tram qui n’aura guère son uti­lité, à part quelques per­sonnes tra­vaillant au Camp des Loges, que pour la Fête des Loges (où d’ailleurs deux pe­tits trains au­to­mo­biles suffi­saient jus­qu’ici) »in­dique-t-il en com­men­taire de cette pé­ti­tion. Claude Veys­sière-Pomot, conser­va­teur gé­né­ral du pa­tri­moine et an­cien ad­mi­nis­tra­teur du
Do­maine na­tio­nal, lance quant à lui : « Ayant pen­dant 18 ans agi pour la sau­ve­garde de l’œuvre de Le Nôtre je suis scan­da­lisé ». Les op­po­sants conti­nuent éga­le­ment à re­ce­voir le sou­tien de Sté­phane Bern.
Les prises de po­si­tion du jour­na­liste, écri­vain, pré­sen­ta­teur télé et ani­ma­teur de radio contre le pro­jet ont contri­bué à por­ter l’af­faire au ni­veau na­tio­nal. Après son tweet début no­vembre dans le­quel il s’in­ter­ro­geait « Est-il exact que
Va­lé­rie Pé­cresse veut ins­tal­ler un train-tram de­vant les grilles du châ­teau de Saint-Ger­main-en-Laye ? », le 21 fé­vrier il re­di­sait tout le mal qu’il pen­sait de la « Vir­gule » saint-ger­ma­noise dans son émis­sion « À la bonne heure » sur RTL.
Tou­jours le 21 fé­vrier, c’est dans une autre émis­sion, « Car­nets de cam­pagne », sur France Inter cette fois-ci, que le sujet a été évo­qué. In­vité de Phi­lippe Ber­trand, Ju­lien La­caze, le vice-pré­sident de la Sppef a pu pen­dant près d’un quart d’heure par­ler de ce pro­jet de « Tram 13 ex­press »et sur­tout de sa « Vir­gule »saint-ger­ma­noise tout en élar­gis­sant son pro­pos à la po­li­tique des es­paces verts dans le Grand Paris. « Dans le Grand Paris, c’est de plus en plus dif­fi­cile, parce qu’évi­dem­ment, ça né­ces­site des in­fra­struc­tures ur­baines qu’il faut faire pas­ser quelque part, et mal­heu­reu­se­ment on s’aper­çoit que des fo­rêts sont un en­droit qui est pri­vi­lé­gié pour tous ces tra­cés, que ce soit des tram­ways, des voies rou­tières, … Et c’est pa­ra­doxal pour nous, puisque jus­te­ment si on veut den­si­fier, la po­pu­la­tion dans le Grand Paris, il faut ab­so­lu­ment que les fo­rêts soient sa­cra­li­sées pour le bien-être des ha­bi­tants ».
« On ne va pas lâ­cher, mar­tèlent les membres de l’EPESG. Il faut ar­ri­ver à leur faire com­prendre qu’on ne peut plus conti­nuer à gâ­cher de l’ar­gent pu­blic comme ça.
Ce pro­jet est un pro­jet d’ar­rière-garde to­ta­le­ment ob­so­lète. Cela sera cer­tai­ne­ment l’un des der­niers trams trains à voir le jour en France. Il faut leur faire en­tendre rai­son et une bê­tise on peut tou­jours l’ar­rê­ter. »

le Groupe RCDEC s’insurge

Le Pré­sident (PRG) du groupe Ra­di­cal, ci­toyen, dé­mo­crate, éco­lo­giste et cen­triste (RCDEC), au conseil ré­gio­nal d’Ile-de-France et conseiller mu­ni­ci­pal de Car­rières-sous-Poissy, Eddie Aït, y est allé de son com­men­taire sur ce pro­jet.

Avoir pro­fité des va­cances sco­laires pour com­men­cer l’abat­tage des arbres, alors que le pro­jet est contesté par de nom­breux ac­teurs et que des re­cours sont en­clen­chés, est pro­pre­ment scan­da­leux. Le né­ces­saire dé­ve­lop­pe­ment des trans­ports en com­mun au sein de la ré­gion ne sau­rait se faire au dé­tri­ment de notre pa­tri­moine cultu­rel et éco­lo­gique !.

Pour les élus de ce groupe qui « n’ex­cluent pas de sai­sir le Stif », il est né­ces­saire de trou­ver une so­lu­tion « al­ter­na­tive afin que la construc­tion d’une ré­gion in­tel­li­gente et du­rable, que nous ap­pe­lons de nos vœux, ne se fasse pas au dé­tri­ment des ri­chesses de notre ter­ri­toire ».

par Phi­lippe Rou­deillat et Phi­lippe Rou­deillat

 

 

 

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