Faire avancer l’Europe de l’écologie

Tribune d’Eddie Aït, président du groupe RCDEC au Conseil régional d’Île-de-France, publiée le 19 février 2019.

Alors que les élections européennes se tiendront le 26 mai 2019, l’écologie est la grande absente de la campagne électorale mais aussi du Grand débat national organisé partout en France.

L’Europe de l’écologie, une nécessité vitale

Les succès de la COP21 en 2015 puis des Marches pour le climat de 2018 ont mis en lumière une prise de conscience citoyenne inédite. Une volonté populaire émergeait pour faire face à l’urgence climatique. L’impact d’ores et déjà mesurable du changement climatique appelait à une nouvelle forme d’action politique. Les déclarations d’intention pour sauver la planète, et par extension ses habitants, se multipliaient. L’écologie était devenue une préoccupation centrale des Françaises et des Français. Un sondage Kantar-Sofres montrait en septembre 2018 que 76% des Français estimaient que prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique devait être une priorité.

Dans ce contexte, nous aurions pu penser que l’écologie aurait une place centrale dans les débats et les programmes politiques pour les élections européennes. A un peu plus de trois mois de l’échéance, force est de constater que ce n’est pas le cas.

Et pourtant, l’Union Européenne offre un niveau d’action particulièrement pertinent pour mettre en place une politique écologique ambitieuse qui apporte des réponses nouvelles à un problème nouveau. A l’heure où les rapports d’experts se succèdent et tirent tous la sonnette d’alarme, la construction d’une Europe de l’écologie devient une nécessité vitale.

Selon l’OMS, ce sont ainsi plus de 250 000 décès par an à partir de 2030 qui seront imputables au changement climatique si rien n’est fait. Quant à la Banque mondiale, elle estime, dans un rapport publié en novembre 2015, que plus de 100 millions de personnes pourraient basculer dans l’extrême pauvreté si les objectifs de réduction des gaz à effets de serre n’étaient pas tenus. 

L’avenir de l’Union européenne passe par le développement durable

Les élections européennes de mai 2019 concentrent nombre de défis. Dans un contexte politique tendu, sur fond de Brexit et de montée des populismes, il nous appartient de redonner du sens à l’action politique de l’Union Européenne.

L’Europe, construite à l’origine autour de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, peut se réinventer grâce au développement durable. Le changement climatique est un problème global qui ne peut être résolu que par l’action coordonnée de tous, de la plus petite à la plus grande échelle. L’Europe offre une dimension idéale pour impacter véritablement l’ensemble des acteurs concernés, des entreprises aux particuliers.

Ainsi, les pays européens auraient tout à gagner dans la construction d’une vision commune de ce que doit être notre action collective pour préserver notre environnement.

Les exemples sont nombreux où les pays européens n’ont pas réussi à mettre en place les mécanismes et réglementations pourtant indispensables à la transition écologique. Que cela soit pour le marché du carbone, sur la question du glyphosate ou en matière d’accompagnement dans la transition énergétique, les faits ont prouvé que la division et la mise en concurrence des pays membres de l’Union mènent au blocage. L’UE est toujours responsable de plus de 10% des émissions mondiales annuelles de gaz à effet de serre.

Seule une Europe politique, forte et cohérente, légitime démocratiquement, aura la capacité de faire véritablement prendre à notre continent le virage du développement durable.

L’Europe, championne de la transition écologique

L’Europe est autant une chance pour l’écologie – en permettant des solutions et moyens d’action nouveaux – que l’écologie est une chance pour l’Europe tant le bouleversement collectif qu’implique la transition écologique peut devenir le carburant pour relancer un rapprochement des peuples européens aujourd’hui en panne.

Il nous faut créer, enfin, l’Europe de l’écologie. Le Parlement, incarnation de l’intérêt général européen, aurait toute la légitimité pour décider et imposer aux États un agenda écologiste ambitieux et socialement juste.

À chacun désormais de prendre ses responsabilités face à une situation inédite.

Il est de la responsabilité des candidats et partis politiques de se positionner sur la construction d’une Europe de l’écologie, au risque sinon de passer à côté de l’enjeu majeur de ces élections européennes 2019 et d’offrir à notre planète et à notre qualité de vie de bien sombres perspectives.

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