Pannes d’ascenseurs: le monte-escalier va être testé sur un millier de logements

Article paru dans Le Parisien le 21 mars 2019.

Le collectif Plus sans ascenseurs lance ce vendredi sa démarche au niveau national. Il évoquera aussi l’expérimentation de huit mois au Blanc-Mesnil d’un monte-escalier avec le bailleur Emmaüs habitat.

Ce 22 mars 2019 est un jour historique pour le collectif Plus sans ascenseurs. C’est le jour du lancement de la démarche au niveau national de ce collectif qui a bien grandi depuis bientôt trois ans en Seine-Saint-Denis et dont Jean-Marc Mormeck est président d’honneur. Quatre cents personnes attendues à 19 heures au théâtre du Blanc-Mesnil, des responsables politiques, des bailleurs…

Une date importante aussi pour les locataires d’Emmaüs habitat au Blanc-Mesnil, 1 259 logements. Ils n’ont pas encore été informés, mais une expérimentation va être tentée dans 38 bâtiments, pour venir en aide aux personnes bloquées chez elles, à cause d’un ascenseur à l’arrêt ou d’un accident.

C’est ce droit à la mobilité verticale, que le collectif défend tant et espère voir inscrit une bonne fois pour toutes dans la loi. « Des discussions sont en cours », se réjouit Fouad Ben Ahmed qui multiplie les soutiens politiques de tout bord.

Le monte-escalier à la rescousse des plus isolés

Celui de Thierry Meignen en est l’illustration. « Je suis de droite et Fouad est de gauche (NDLR : militant socialiste), mais le social n’a pas de couleur », insiste le maire (LR) de Blanc-Mesnil, prêt à financer une de ces «escape chair».

Ce fauteuil, importé d’Allemagne, peut monter et descendre les escaliers. La démonstration avait été faite au Pré-Saint-Gervais, le mois dernier, au moment de la signature d’engagement avec le bailleur Seine-Saint-Denis Habitat. Emmaüs habitat, 14000 logements en Ile-de-France, est le deuxième bailleur volontaire. « Venir en aide aux plus souffrants et personnes les plus isolées correspond à nos valeurs », vante le bailleur.

Près de 50 000 € sur 8 mois pour une quinzaine de transports par jour

Les adresses concernées sont à Montillet (101-107, avenue Paul-Vaillant-Couturier), les Blés d’Or, la Voie Verte et Floréal. Il s’agit d’immeubles construits dans les années 1950, 1970 ou récemment réhabilités, de cinq ou neuf étages. Voie-Verte et Floréal sont dotés d’ascenseurs, pas les deux autres. Près de 300 habitants, âgés de 65 à 98 ans, ou bénéficiaires d’une allocation d’adultes handicapés y vivent.

Le premier mois servira à préciser les besoins. « Une personne qui a eu un accident et est immobilisée chez elle peut aussi être concernée, si elle a un rendez-vous médical, administratif… », détaille le collectif. Avec une quinzaine de transports par jour, il en coûterait 45000 à 50000 € pour cette expérimentation de huit mois.

Une entreprise d’économie sociale et solidaire sollicitée

La manipulation de la chaise pourrait être confiée à une entreprise d’économie sociale et solidaire de Pantin. Le processus d’intervention et la gestion des urgences restent à préciser. Elles ne manquent pas et les appels viennent de France entière. Il y a quelques jours, une habitante des Bouches-du-Rhône a sollicité le collectif pour obtenir de l’aide pour son petit-fils handicapé. L’ascenseur est en panne et il ne peut plus sortir de chez lui avec son fauteuil roulant. Prisonnier au deuxième étage.

LE SOUTIEN DE LA RÉGION

Conseil régional, mercredi 20 mars. Sophie Rantz a rencontré Valérie Pécresse, la présidente (LR) du conseil régional d’Ile-de-France qui a promis des aides financières pour le collectif PLus sans ascenseurs. /DR

Sophie Rantz, la responsable de Plus sans ascenseurs dans les Yvelines, était ce mercredi au conseil régional avec d’autres représentants du collectif et a reçu, en direct, le soutien de Valérie Pécresse.

A l’occasion d’une question d’Eddie Aït, conseiller régional (PRG) des Yvelines, sur le sujet des pannes d’ascenseurs, la présidente LR, qui avait déjà rencontré le collectif il y a quelques semaines, a annoncé que le conseil régional travaille «sur plusieurs pistes telles que le financement d’un site Internet qui permettrait de répertorier les pannes d’ascenseur mais aussi le financement de monte-personne via (sa) convention-cadre avec Emmaüs Habitat».

«C’est encourageant de voir que ce sujet est pris en compte par les pouvoirs politiques, se satisfait Sophie Rantz. Nous avons également beaucoup travaillé avec le sénateur (PS) de Meurthe-et-Moselle, Olivier Jacquin.» Ce dernier œuvre à faire de la place aux questions de « mobilité verticale » dans la loi d’orientation des mobilités actuellement en discussion au Sénat.

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