[Question orale] Quels engagements du Conseil régional en faveur de la préservation de la biodiversité ?

Lors de séance plénière du Conseil régional des 28 et 29 mai 2019, Eddie Aït, président du Groupe Radical, Citoyen, Démocrate, Écologiste et Centriste, a interrogé la Présidente du Conseil régional d’Île-de-France sur les engagements du Conseil régional en faveur de la préservation de la biodiversité.

Madame la Présidente,

L’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) a rendu public son dernier rapport lundi 6 mai. Composée de près de 1800 pages produite par 145 experts issus de 50 pays et accompagnés de 310 autres experts dans des domaines variés, cette étude est la plus complète jamais réalisée sur la biodiversité mondiale.

Ce travail d’observation et de recensement sur l’évolution des espèces amène un constat et une conclusion sans appel : nous vivons la 6ème extinction du vivant et nous en sommes directement responsables. Son rythme sans précédent menace l’humanité.

Nous détruisons depuis cinquante ans les conditions d’habitabilité de la Terre. Les projections présentées prévoient la disparition de plus d’un million d’espèces dans les prochaines décennies. Ces animaux, insectes, végétaux font partie du cadre nécessaire à notre existence.

La France figure parmi les 10 pays les plus menacés. En effet, l’Hexagone et ses territoires ultra-marins répartis sur tous les continents, abritent une biodiversité d’une richesse insoupçonnée avec près de 10% des deux millions d’espèces connues dans le monde. 95 000 espèces d’oiseaux, d’insectes, de poissons, de mammifères, de plantes à fleurs ou de champignons vivent en France métropolitaine et plus de 80 000 en Outre-mer selon l’Observatoire national de la biodiversité dans son rapport de 2018. Près de 18 000, dont 83% en outre-mer sont endémiques. On ne les retrouve nulle part ailleurs.

Sur les 180 000 espèces recensées en France, plus de 1300 sont d’ores-et-déjà considérées comme menacées. A l’échelle de chaque région, l’IUCN (Union internationale de la conservation de la nature) a établi une liste rouge des espèces menacées. Sur le territoire francilien,  les chauves-souris, oiseaux nicheurs, papillons de jour et zygènes, criquets, sauterelles et grillons, libellules et demoiselles, mantes et phasmes ainsi que la flore vasculaire sont en voie de disparition.

Les causes sont identifiées : l’utilisation des terres (agriculture, déforestation), l’exploitation directe des ressources (pêche, chasse), le changement climatique, les pollutions et les espèces invasives. 75% de l’environnement terrestre a été « gravement altéré » par les activités humaines et 66% de l’environnement marin est également touché. Le rapport montre que l’effondrement de la biodiversité est en premier lieu dû aux changements d’utilisation des sols. Les terres s’urbanisent, mais surtout des forêts, des zones humides ou des prairies naturelles sont transformées en champs ou en pâture.

La situation n’est pas encore totalement irréversible mais elle nécessite des actions à tous les échelons : celui des individus, celui des entreprises et celui des décideurs. Au même titre que le réchauffement climatique et la hausse des gaz à effet de serre, la biodiversité et sa préservation doivent être intégrés dans tous les secteurs économiques.  Les experts évoquent même la nécessité de s’éloigner du dogme de la croissance. Il s’agit de considérer la qualité de vie et non la croissance économique comme objectif.

Nous savons que la Stratégie Régionale de la Biodiversité va nous être présentée prochainement puisque nous vous avons transmis, il y a plusieurs mois, notre contribution.

Quelle voie va emprunter la Région pour répondre à l’urgence face à l’effondrement de la biodiversité ?

Comment allez-vous accompagner nos agriculteurs dans la transformation nécessaire vers des systèmes agricoles diversifiés et agroécologiques ?

Allez-vous participer à la promotion d’une alimentation basée sur les végétaux pour réduire significativement l’impact négatif sur la biodiversité, le climat et la santé de la production de viande et de produits laitiers ?

Allez-vous accompagner les communes et les franciliens dans la restauration des milieux naturels et des habitats de la faune en replantant des haies et en sortant définitivement des pesticides ?

Comme le précise le directeur de l’agence pour la biodiversité : nous connaissons les solutions.

Le vivant a désormais besoin d’un sursaut politique.

Je vous remercie.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s